Infoliste pour les patients recevant de la buprénorphine

Cette information (pdf) est destinée aux patients s’apprêtant à démarrer un traitement de substitution par la buprénorphine et fait partie intégrante du contrat thérapeutique. Même si cela n’est pas requis d’un point de vue médico-légal, l’enjeu de cette information est tel que nous recommandons de la faire signer par le patient.

1. Informations sur la buprénorphine en tant que médicament

La buprénorphine est, comme la méthadone, un médicament de substitution pour les personnes dépendant des opioïdes.

La buprénorphine se présente sous forme de tablette, non à avaler mais à laisser fondre sous la langue (durée d’env. 5-10 min.). Une tablette mâchée ou avalée est inefficace. La fréquence des prises est généralement d’une fois par jour. Cette durée est de 24 à 36 heures, ce qui permet une seule prise quotidienne.

La dose de départ est fixée par le médecin traitant. A des doses suffisantes, les manifestations de sevrage disparaissent et l’envie de consommer de l’héroïne est réduite.

La buprénorphine doit être prescrite avec précaution en cas de maladie du foie, des poumons ou du cœur.

Lors de l’intervention d’un autre médecin, que ce soit à l’occasion d’une hospitalisation ou lors de consultations ambulatoires, il est indispensable d’annoncer la prescription de buprénorphine en raison des interactions qui pourraient résulter avec d’autres médications.

2. Effets secondaires

Comme tous les médicaments, la buprénorphine peut avoir des effets secondaires, qui peuvent en partie diminuer au cours du traitement.

La survenue des effets secondaires dépends de la tolérance individuelle des sujets, habituellement plus élevée chez les personnes dépendantes des opioïdes. Si des effets secondaires surviennent, ce sont dans les premiers jours qu’ils seront les plus marqués puis ils baisseront au moins en partie.

  • Insomnie*
  • Céphalée*
  • Faiblesse musculaire
  • Constipation*
  • Fatigue / Sommeil excessif
  • Nausées voire vomissements
  • Vertiges
  • Forte sudation, cependant moins qu’avec la méthadone*
  • Hypotension
  • Manque d’appétit
  • Myosis
  • Abaissement du seuil épileptogène
  • Occasionnellement, plaintes concernant le goût métallique du médicament

    * Effets secondaires fréquents sous médication de buprénorphine.

3. Risques et dangers

  • Consommation parallèle d’héroïne
    La buprénorphine a une plus grande affinité pour les récepteurs opioïdes que l’héroïne. Ceci a pour consequence qu’en cas de consommation parallèle d’héroïne, celle-ci ne sera pratiquement pas ressentie. Il persiste cependant un risque d’overdose d’héroïne si elle est consommé en très grande quantité et que la buprénorphine est prise irrégulièrement.
  • Consommation parallèle de benzodiazepines
    Une depression respiratoire est possible en cas d’overdose mixte buprénorphine-benzodiazépines, mais en cas de consommation excessive d’alcool associée.
  • Conduite des véhicules à moteur
    La loi interdit de conduire sous l’effet de substances ou de médicaments susceptibles d’altérer le temps de réaction. Une fois le traitement de substitution stabilisé après plusieurs semaines, la conduite automobile peut être envisagée selon des conditions strictes. Il appartient à la personne traitée de se renseigner, avec l’aide de son médecin, aux sujet des conditions applicables à son canton de résidence.
  • Grossesse
    En cas de grossesse, il est formellement indiqué de poursuivre le traitement et d’informer le gynécologue traitant et la maternité suffisamment à l’avance, afin d’assurer une bonne coordination avec le médecin traitant. Des consommations parallèles notamment d’alcool et de nicotine devraient être évitées le plus possible. Certaines études suggèrent un léger avantage de la buprénorphine sur la méthadone du point de vue du syndrome de sevrage d’opioïdes du nouveau-né.
  • Consommation de méthadone par un tiers
    Le patient est responsable d’entreposer la buprénorphine qui lui est remise à l’emporter en lieu sûr. La buprénorphine consommée par des personnes naïves d’opioïdes (y compris, les personnes dépendantes des opioïdes récemment sevrées) peut être dangereuse à très faibles doses, spécialement pour les enfants. En aucun cas le traitement ne doit être laissé à porter des enfants.

4. Décharge de responsabilité

Le Patient est responsable de la médication de buprénorphine qui lui est remise.
Le lieu de soin décline toute responsabilité en cas de consommation de doses non prescrites ou de remise ou revente de méthadone à des tiers.

La personne signataire atteste avoir pris connaissance des informations écrites précitées et déclare les avoir bien comprises.

Lieu / Date: ........................................


La personne traitée ............................   Le lieu de soins ................................
(Signature)                                              (Signature)

 

 

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