Consommation problématique

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  • Les termes suivants sont souvent employés lorsque l’on parle de consommation problématique : consommation abusive, excessive, à risque élevé, dangereuse ou nocive
  • Selon les standards internationaux, une consommation problématique d’alcool existe lorsque la consommation porte préjudice à la santé de la personne qui boit ou d’autres personnes, avec des conséquences physiques et psychiques
  • Le risque de conséquences liées à la consommation d’alcool augmente avec la quantité d’alcool bue (quantités limites voir Consommation à faible risque)
  • D’après la Classification internationale des maladies (CIM), la médecine distingue les trois formes suivantes de consommation problématique :
    • Ivresse ponctuelle
    • Usage nocif
    • Dépendance
  • L’OMS comme la CIM établissent clairement une différence entre consommation problématique/ abusive et dépendance
  • Le système de classification américain (Manuel sur les troubles mentaux - DSM) considère les troubles liés à la consommation d’alcool non plus de manière catégorielle mais dimensionnelle avec différents degrés de manifestation, c’est-à-dire un trouble de consommation léger, modéré ou sévère (voir Alcoolodépendance)

Recommandations pour le suivi médical

  • Les personnes avec une consommation problématique d’alcool sont généralement suivies par le médecin de famille. Seul un petit nombre s’adresse à un service d’alcoologie ou à une consultation spécialisée. D’où l’importance, en tant que médecin de famille, d’effectuer des interventions brèves efficaces à même de provoquer une prise de conscience et de susciter une motivation au changement.
  • Le dépistage d’une consommation d’alcool problématique ou nocive est conseillé chez les patients entre 14 et 70 ans lorsque la consommation est fréquente et en présence de risques
  • Le dépistage d’une consommation d’alcool problématique / d’une alcoolodépendance peut être intégré régulièrement dans l’anamnèse
  • Les questionnaires de dépistage (p. ex. AUDIT) peuvent venir appuyer le diagnostic ; les marqueurs biologiques du diagnostic de routine (p. ex. GGT, MCV) ne sont pas spécifiques et peuvent permettre d’aborder le sujet de la consommation d’alcool. Les marqueurs biologiques spécifiques (p. ex. CDT, EtG) sont généralement réservés aux questions relevant de la forensique (voir Dépistage).

 

    Consommez-vous de l’alcool ? nein
  • Inciter à l’abstinence

  • Donner des conseils pour réduire les facteurs de risque (cardiovasculaires)

  • Antécédents familiaux (dépendance, cancer)

  • Consommation d’autres substances / dépendances

  • Difficultés psychosociales

  ja    
  Facteurs pour une prédisposition particulière ? ja
  • Conseiller l’abstinence
  nein    
   
  • Fréquence (jour / semaine)

  • Quantité journalière

  • Nombre d’occasions de consommation plus conséquente (> 5 boissons standard)

  • Éventuellement test AUDIT

   

 

  • Objectifs du dépistage précoce
    • Diagnostic exact et évaluation du degré de sévérité dès que possible
    • Évaluation de la chronicité et du pronostic
    • Traitement précoce des troubles liés à l’alcool
    • Évitement des maladies associées
  • Marche à suivre (voir Algorithme alcool)
    • Compilation de la fréquence et de la quantité d’alcool bue lors d’un jour de consommation type
    • Pour évaluer l’ivresse ponctuelle, s’informer sur la consommation particulièrement élevée (« Quelle quantité maximale pouvez-vous boire ? »)
    • Les quantités relevées sont converties en grammes d’alcool pur
    • Il est recommandé d’établir la consommation d’alcool sur les 30 jours ou sur une période plus longue, p. ex. les 6 (ou 12) derniers mois (Timeline Followback Methode - TLFB)

Interventions en cas de consommation problématique

  • L’efficacité d’interventions brèves en cas d’une consommation problématique d’alcool est largement démontrée. Elles sont généralement basées sur l’entretien motivationnel.
  • Il est aussi recommandé de consulter les programmes d’auto-assistance (en ligne ou sous format papier ; voir Entraide/ auto-assistance)
  • Les offres disponibles en ligne peuvent contribuer à réduire les réticences à demander de l’aide. En général, les internautes ne se sentent pas exagérément remis en question par les feed-back personnalisés qu’ils obtiennent sur leur consommation d’alcool
  • Offres de conseil proposées par les centres spécialisés régionaux
  • Avec l’accord du patient, on peut de surcroît :
    • Apporter des conseils simples sur les complications de l’usage nocif d’alcool et les quantités limites d’alcool dans l’esprit d’une éducation à la santé portant plus spécifiquement sur l’alcool
    • Remettre des brochures informatives, p. ex. Alcool et santé
    • Suivre l’évolution au moyen de paramètres de laboratoire (γ-GT, MCV, MCH, CDT) voir Marqueurs biologiques

Ivresse ponctuelle / binge drinking

Consommation chronique d’alcool

  • La « consommation chronique » désigne la consommation régulière d’alcool (plus de 3 fois/semaine, plus de 3 boissons standard/jour de consommation). Pour l’OMS, toute consommation égale ou supérieure à 20 g d’alcool pur/jour pour une femme et à 30 g/jour pour un homme (soit 2 ou 3 boissons standard) n’est plus une consommation à faible risque.
  • En Suisse, on estime que cette catégorie comprend 260 000 personnes âgées de 15 à 75 ans, dont plus de la moitié (155 000) cumulent les risques, dans la mesure où elles présentent épisodiquement également des ivresses ponctuelles (voir aussi Faits et Chiffres sur Addiction Suisse)
  • La consommation chronique croît nettement avec l’âge et est particulièrement répandue chez les plus de 50 ans ; voir aussi Alcool et vieillissement
  • Les personnes dépassant durablement (même légèrement) les quantités limites de la consommation à faible risque encourent un risque accru de présenter à la longue des conséquences somatiques et/ou psychiques liées à leur consommation, voire de développer une dépendance
  • A 40 g d’alcool pur/jour, le risque pour un homme de se voir atteint d’une maladie hépatique, d’hypertension et/ou de maladies cancéreuses est multiplié par deux
  • Chez la femme, le risque d’atteinte hépatique, et probablement aussi de cancer du sein, augmente généralement à partir de 20 g d’alcool pur/jour.

Consommation inadaptée à la situation

  • La consommation inadaptée à la situation concerne des situations spécifiques où même de faibles quantités d’alcool entraînent des risques considérables pour sa propre santé ou pour la santé d’autrui, p. ex. :
    • Boire et conduire un véhicule, voir Circulation routière
    • Boire sur le lieu de travail ou en parallèle de l’utilisation de machines, voir aussi Alcool au travail
    • Boire pendant la pratique d’un sport
    • Boire pendant la Grossesse
    • Boire conjointement à la prise de médicaments 

 

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